Gamer : Jeux vidéo : portraits de joueurs

Les jeux vidéo sont souvent critiqués et montrés du doigt. Pour autant, il ne faut pas oublier qu’en faisant preuve d’un peu d’intérêt pour cet univers cela permet aux parents d’échanger et de créer du lien avec leur Gamer. On peut jouer en famille, admirer le réalisme de certains jeux ou les scénarios pour sortir des clichés et des aprioris. Jouer n’est pas forcément tuer cela peut être aussi construire, découvrir, conduire, conquérir… alors pour rester connecté à votre ado faites une partie juste pour le Fun.

L’idée de cet article est de vous présenter les 3 « types » de Gamers que vous pouvez rencontrer.

Un clin d’oeil à ces joueurs et à cet univers que j’apprécie beaucoup. Une pensée à mon Gamer préféré qui m’a soufflé l’idée de cet article, il est doué et je joue parfois avec lui. En bonus des petits conseils pour mieux vivre sa relation parentale (ou conjugale) avec un Gamer 😉

Gamer : portrait de joueur de jeux vidéo

Le Gamer débutant : là je tiens à attirer l’attention des parents.

Le gamer débutant fait Parfois n’importe quoi dans tous les jeux, il est généralement assez jeune en présence sur les jeux vidéo. On le reconnaît car il joue souvent avec son micro activé dans les jeux Online, il s’énerve pour un oui pour un non allant jusqu’aux insultes, il peut aussi vivre un vrai « pétage de plombs » car il ne maîtrise pas encore son jeu, ni les règles des autres joueurs. Dans le milieu du jeu on le surnomme le « Kikou » : il se prend un peu au sérieux malgré son niveau de débutant.

Pour les parents il faut surveiller les jeux « Pay to Win » car là votre jeune joueur peut dépenser des sommes folles pour équiper son avatar ou obtenir des armes, des bonus… On va aussi noter des crises d’irritabilité, une difficulté à s’arrêter de jouer, de la colère et même de l’agressivité chez certains. C’est le cas avec les jeux populaires au collège comme Fortnite, Clash of Clan, Clash Royal…

Certains jeux sont faits aussi pour ça car si le joueur arrête sa partie il perd son classement (WOW), son bouclier (Clash of Clan), son rang…attention on trouve ça aussi dans les jeux de base comme Candy Crush où l’on peut aussi payer pour obtenir des vies supplémentaires, pour des boosters…

Ceci peut vous aider aussi à comprendre pourquoi votre jeune joueur se moque littéralement de venir à table ou d’aller dormir, il est dans son jeu et ne veut pas perdre la face.

Ces jeux ne comportent pas de mode pause donc ils nécessitent une hyper présence sur le jeu pouvant rendre l’ambiance à la maison exécrable.

Il faut donc discuter avec ce jeune joueur, revoir avec lui ses objectifs, lui apprendre à ne pas activer le micro pour un oui pour un non, à mesurer ses propos car en face les joueurs peuvent être beaucoup plus âgés que lui et se lancer dans un Clash à plusieurs contre lui.

Lui apprendre aussi à ne pas se dévoiler ni parler de sa vie privée : âge, adresse, collège… ne pas mettre sa photo et se choisir un pseudo ne comportant pas son prénom ni son nom, car là aussi le pédophile peut être caché dans la masse de joueur et comme le dit Damso dans son single Julien :

« Julien c’est ton voisin, Julien c’est ton mari (oui)
Julien c’est sûrement l’autre, Julien c’est sûrement lui (oui) »

Le Gamer cool : il joue pour s’améliorer, il joue par plaisir, il n’est pas particulièrement doué, il ne joue pas forcément en ligne, il n’a pas forcément le tempérament de Winner.

Il n’est pas agressif, il s’intéresse à tous les jeux vidéo et à leurs détails. Il va fouiller le jeu vidéo, il va aller chercher toutes les astuces, parfois il va coupler cela avec des recherches sur le web, pour trouver des codes, des combos de touches sur manettes, pour augmenter les performances de son avatar, y compris consulter et s’abonner à des chaînes YouTube dédiées aux jeux vidéo (Iconoclaste du collectif Trash, le Jean-Baptiste Show, Bronol, Gotaga…)

Pour les parents ce Gamer cool est plus facile à gérer, on ne va pas forcément avoir de crise pour passer à table mais on peut noter un autre problème.

Ces joueurs sont généralement perfectionnistes, donc cela peut finir aussi par coûter cher aux parents, car ce type de joueur va rapidement finir le jeu, il va faire rapidement toutes les missions du jeu et le terminer. Car il veut finir le jeu, cela devient alors difficile de le faire décrocher.

Là du coup il va vouloir d’autres jeux ou s’agacer car l’extension ne sera pas disponible avant 2 mois, ou la suite du jeu n’est pas prévue avant 2020. Ils dévorent des jeux comme d’autres dévorent des séries ou des romans. Il devient donc dur de l’attirer vers autre chose.

Autre particularité c’est la tonne de détails et d’explications qu’il peut être capable de vous donner, et j’ai fait ci et j’ai fait ça, et tu vois si je fais comme ça il se passe ça. Là pour les parents cela peut vite donner le tournis ou mal à la tête, avec parfois des mots de vocabulaire inconnus pour les parents. Il ne faut pas hésiter à poser des questions (j’ai eu le droit à un plan pour m’expliquer un jeu c’est dire) et saisir cette occasion pour découvrir les jeux et échanger. Mon Gamer m’a appris avec beaucoup de patience à manier la manette avec plus de facilité pour jouer à GTA.

Je ne suis pas particulièrement douée mais j’aime jouer à GTA, Need For Speed, Assassin’s Creed, Fortnite, Unravel, Pikmin, mais c’est Zelda que j’aime le plus y compris les Amibos, cependant RR2 m’a plu aussi, mais je ne suis pas attirée par Call Of Duty ou World of Warcraft et mon Gamer non plus.

Le Gamer raisonné : il parle avec des joueurs en privé, il tente de s’améliorer, il est plus calme, il est plus dans la coopération, dans la compétition, il fouille les jeux (easter-egg : secret, quête secondaire…). Il s’ennuie sur des jeux qu’il aimait bien avant. Il a besoin de jeux de meilleure qualité, des jeux en licence comme Zelda, The Witcher, Assassin’s Creed et de matériel plus adapté aussi. Il se retrouve dans les RPG (jeux de rôle) jeux qui nécessitent un investissement sur le long terme. Il rentre dans le jeu parce que le jeu est intéressant, son monde offre des possibilités, et les détails sont nombreux. Zelda jeu avec des chevaliers, des épées, une princesse à délivrer, des monstres, avec une jolie Map… C’est de l’immersion pure dans un monde imaginaire, une autre époque (Assassin’s Creed) ou dans un autre climat (The Long Dark) avec un sentiment de liberté et le fait de jouer un rôle, c’est parfois même gratifiant. Tout est soigné. Le dialogue est possible autour de ces jeux, avec des communautés de joueurs sympas.

Enfin, il y a le Pro Gamer, classé à part, joueur professionnel qui va participer à des championnats de esport (sport électronique) c’est 35 à 50h d’entraînement par semaine sur 1 seul et même jeu supervisé par un coach.

Pourquoi je valide les jeux vidéo ? les compétences transversales, les Soft Skills sont là il faut de la patience, de la dextérité, de l’imagination, du travail d’équipe, de la stratégie et de l’endurance pour jouer. On y apprend l’anglais au passage et on y découvre différentes cultures. C’est une zone d’apprentissage intéressante. C’est aussi un véritable moment de partage, de plaisir, et puis c’est sympa d’apprendre avec son enfant.
Ok ça râle un peu quand je tue les mauvaises personnes, quand je perturbe une partie voir que je le fais perdre mais le graphisme, les musiques de ces jeux, les détails y compris les détails historiques ne laissent pas indifférents et les fous rires sont là aussi.

En tant que recruteur, je dénote depuis quelques années déjà car je questionne les candidats sur les jeux vidéo. Non pas pour les piéger mais pour connaître les raisons qui les poussent à jouer, ce que cela leur procure et je traque d’autres compétences. Il y a de l’audace aussi, certains osent et vont jusqu’à créer des chaînes YouTube pour partager leurs astuces, leurs conseils, leur avis. Les détracteurs rétorqueront « oui Nancy mais ils font cela car ils espèrent devenir célèbre et gagner de l’argent ! » Oui et alors ? Parce que nous on crée des entreprises et des StartUp pour gagner des paillettes peut-être ? Il n’y a qu’à voir les titres pompeux sur LinkedIn ou ailleurs pour se rendre compte que la quête est la même : popularité et gain 😉
Je rédige cet article devant une chaîne YouTube qui me parle d’Orelsan, que j’aime bien et je vais conclure avec un de ses titres qui reprend l’idée de ce paragraphe « Prends des pièces » des Casseurs Flowters 😉

Conclusion : Il est donc possible dans son CV comme lors d’un entretien de parler de sa passion pour les jeux vidéo.