8 conseils pour ne pas planter son projet d’entrepreneur

Pour changer un peu des Podcasts, je vais vous partager 8 conseils et mon point de vue suite à un article paru en ligne en septembre.

Par manque de temps, parce que je n’ose pas toujours, ou les 2, j’oublie que su mon blog je peux aussi partager mon avis sur un sujet RH, numérique ou entrepreneurial.

L’article que je vais commenter dans le texte n’est pas de moi, et vous le retrouverez ici sur son site d’origine. [ Source : Frenchweb.fr ]

Cet article m’a fait du bien, un bien fou même car dans ce témoignage, ce récit d’aventure entrepreneuriale, vous retrouverez certains conseils que je donne moi-même aux porteurs de projets qui font appel à mes services.

Je vous entends d’ici, stop ne criez pas si fort : Comment ?!!! A3CV-A3Conseil fait de l’accompagnement aux porteurs de projet ? C’est nouveau ça ! 😉

Non pas du tout cela fait même partie intégrante du début de l’activité en 2008, pourquoi ?

Car lorsque l’on accompagne des personnes en reconversion professionnelle, l’entrepreneuriat peut vite arriver dans la liste des possibilités. Cela fait donc de nombreuses années que je dispense des conseils (que l’on suit ou pas d’ailleurs) mais qui sont fondés.

Dans cet article ne vous arrêtez pas à l’âge de l’entrepreneur, ni au mot StartUp, son expérience s’applique à toutes et à tous start-up ou pas.

Le contexte : 4 étudiants et 1 projet Le résultat : 11 mois après son lancement l’activité est stoppé. Passons en revue maintenant les étapes de l’article. 

Je pense que la première erreur qu’on ait faite est celle de l’association. Entendons-nous bien, pas les hommes, mais la forme. Une start-up qui démarre avec 2 co-fondateurs à 100% et 2 autres à 50%, ça ne fonctionne pas. On a eu beau tous être d’accord avec ça au départ, poser des règles strictes en conséquence pour que tout se passe bien, répartir le capital de la société en fonction, ce format crée des déséquilibres d’intérêts, il ralentit les process et enlève son agilité à la start-up : tout l’inverse de ce qu’elle doit être. On a fait cette erreur ensemble, on a essayé en connaissance de cause, mais il faut s’y résoudre, ça ne fonctionne pas.

 

1) Mon point de vue : La disponibilité et l’implication varie d’un individu à un autre, on a beau mettre un cadre si tout le monde ne consacre pas la même part de temps, et donc n’a pas la même réactivité, il y a de fortes chances que cela coince à un moment ou un autre.

 

Les concours, les subventions, les événements… On a passé des jours et des soirées à remplir des dossiers de candidature, de la paperasse, gratter des votes à nos potes. On s’est aussi beaucoup appuyé sur nos réseaux : amis, écoles, familles… On a gagné des prix, de l’argent, de l’aide. Certes. On ne s’en rendait pas compte, mais c’était autant de temps à ne pas améliorer notre produit, travailler notre acquisition, aller chercher de nouveaux clients… La vérité, c’est qu’on aurait dû s’enfermer et charbonner. Mais effectivement, c’était plus agréable de passer la journée à se raconter dans des formulaires, échanger des cartes de visite dans des événements, rencontrer du monde, boire du champagne et se faire féliciter… Tout ça n’apportait aucune valeur réelle à l’entreprise, ou tout du moins une fumée de ROI.

 

2) Le buzz, les likes, les parutions dans la presse, les poignées de main et les petits fours ne se transforment pas en euros, c’est flatteur cela permet de faire parler, de nouer des contacts mais cela ne remplace en aucun cas le développement commercial de base que l’on fait seul par soi-même avec des actions régulières directes ou indirectes.

 

S’il y a quelque chose que j’ai appris cette année, c’est que la France est un terreau entrepreneurial formidable. Le monde nous envie par exemple Pôle Emploi, une exception française. Avec une rupture conventionnelle, un salarié peut bénéficier pendant 2 ans (maximum) de 70% de son salaire passé. 2 ans pour développer son projet sans sortir d’argent pour se payer. Nous, avec 1 an d’alternance derrière nous, on a eu le droit à 1 an d’allocations chômage. Et très rapidement, on en est arrivé à bout. Là, tu te rends compte que tout le monde cherche une nouvelle source de revenu : missions freelances, side projects… Un tas de choses qui prennent de plus en plus de temps. Plus personne ne travaille assez sur le projet initial. Tout le monde est dé-focus. On était fini.

 

4) Les premiers temps sont les plus difficiles, cela peut aller des premiers mois voire les premières années. Il faut donc s’assurer d’avoir les moyens financiers pour vivre sans que le projet ne soit encore rentable. Economies personnelles, allocations chômage, prêt personnel… ce que vous voulez mais de quoi faire bouillir la marmite en attendant de dégager du résultat. Cela veut donc dire aussi faire un point sur la situation personnelle de chaque aventurier car selon la cellule familiale les besoins peuvent varier du simple ou triple. Et quand le moral est rongé par les soucis financiers il devient difficile de rester motivé et l’impatience gagne du terrain.

 

Règle N°1 : si tu payes bien les gens, tu recevras en retour un travail de qualité, livré en temps et en heures.

En tant que start-up, on a tendance à rogner partout, négocier ce qui n’est plus négociable. A tel point qu’on a failli se faire planter après 4 mois de travail par le freelance qui développait notre V.1. Sa sortie a pris 4 mois de retard aussi.

Règle N°2 : faire confiance à son instinct sur le recrutement.

Parce qu’on en a rencontré, des développeurs web freelances. Et forcément, on s’est convaincu de prendre le moins cher, qui disait oui à tout, alors qu’on matchait bien avec un autre, un peu plus cher, qui semblait plus nous challenger. C’était trop tard quand on s’en est rendu compte.

 

5) Oui en matière de prestataire extérieur, il faut être réglo et savoir reconnaître le prix de la prestation et la valeur ajoutée apportée (temps passé, compétences…). Le risque est de se faire « planter » mais aussi de se construire une mauvaise réputation qui posera un problème tôt ou tard pour trouver des clients, des partenaires ou d’autres prestataires. On ne vous le dira jamais vraiment mais…

 

Il y a une chose dont il faut être conscient lorsqu’on lance une start-up en 2017 : le niveau d’exigence a changé. La compétition est aujourd’hui démultipliée, mais aussi et surtout internationale ! Plus que se battre contre des start-up concurrentes françaises, vous vous battez contre des start-up concurrentes allemandes, anglaises, américaines… Il y a aussi les grands groupes. Et puis les start-up lancées par des grands groupes. La concurrence n’a jamais été aussi nombreuse (et c’est une excellente chose).

Le marché est aussi beaucoup plus mature : documentation, théories, techniques, réseaux, investisseurs… L’accès à l’information et aux ressources n’a jamais été autant facilité, et ne laisse la place qu’à l’excellence si on souhaite survivre. Il n’y a que très peu d’élus, ça tout le monde le sait (en moyenne 8 à 9 start-ups sur 10 échouent sous 3 ans). Mais le niveau de travail, de talent, de réseau et de perfection dans l’exécution qui est aujourd’hui demandé est de plus en plus élevé. Il faut juste en avoir conscience et être prêt à faire les sacrifices en conséquence.

 

6) Et oui comme lorsque l’on recherche un poste, en matière de création d’entreprise la concurrence est là et elle est rude. Il ne faut pas se contenter de quelques buzz et articles vantant les réussites de certaines, beaucoup d’entrepreneures et d’entrepreneurs, travaillent seul(e), sans compter les heures, dans l’ombre si l’on veut passer le cap des 3 ans. Entrepreneur ce n’est pas que du Fun c’est aussi un vrai travail à fournir 😉

 

Ca peut paraître totalement contre-intuitif lorsqu’on regarde les entreprises qui nous entourent, car elles font toutes 1001 choses, ont 1001 pôles, mais au commencement, une start-up doit se concentrer sur une proposition de valeur, et tenter d’y répondre du mieux possible.

 

7) Et oui on se concentre sur un produit phare, on le fait vivre et fructifier et après une fois un fond de roulement de business établi on peut penser diversification. Il faut que les clients vous identifient autour d’un produit, d’une prestation avant de les perdre dans des ramifications, certes avec du sens et liées, mais dont il faudra être sûr de l’argumentation et avoir le discours commercial approprié. Moi-même on m’interroge encore souvent sur l’ensemble de mes prestations mais on comprend rapidement que le fil conducteur est l’Humain et sa place dans le monde du travail en tant que salarié ou Dirigeant.

 

Bref, essayez de ne pas tomber amoureux de votre idée. Préférez les bons chiffres (CA, nombre de clients, taux de croissance de votre metric phare…).

 

8) L’idée ne fait pas tout, il ne faut pas s’entêter et savoir lire les indicateurs du marché et sa mouvance. L’idée peut être bonne mais il ne faut ni se vexer ni se décourager quand il faut la retravailler. L’important c’est le CA mais surtout le résultat car croissance ou pas ces indicateurs rassurent autant votre banquier que vos clients 😉 Dans mon domaine, la réforme du DIF devenu CPF m’a obligé à faire des choix en matière de formation pour rester cohérente avec le marché mais aussi avec le développement de ma structure.

Voilà j’ai fini. Les rageux diront que je n’ai rien inventé, non effectivement, c’est juste du bon sens et comme le disait ma grand-mère : ça va mieux en le disant 😉

Ces conseils vous sembleront utiles ou futiles mais les garder en tête peut aussi vous éviter de sombrer et ainsi durer et vivre de votre projet entrepreneurial. La clef du succès dépend de vous : travail régulier, gestion du temps, organisation, lucidité et gestion des émotions sont à mon sens les fondements pour durer. Etre entrepreneur ce n’est pas seulement créer, se libérer du statut salarié, être son propre patron… c’est aussi travail, savoir s’entourer, s’écouter et écouter. 🙂

 

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