Le soufflé au chômage une nouvelle recette

Le soufflé au chômage

 

La recherche d’emploi est un exercice fastidieux et ce malgré, ou à cause de, l’avènement du numérique. C’est une activité à temps plein mais j’y reviendrai dans un autre article, vous en serez soufflé 😉

Ce dont je veux vous parler maintenant c’est du soufflé au chômage, pas du soufflé au fromage ou au chocolat qui est déjà un plat pas toujours évident à réussir.

Non pas celui-là, ni celui qui sert à raviver le feu de cheminée ce n’est pas ce soufflet, même si c’est de saison, ce n’est pas l’objet. Le soufflet de l’amortisseur non plus, celui de l’accordéon encore moins, enfin il ne s’agit pas non plus de la petite gifle, ni d’un élément de vitrail.

Le soufflé au chômage
Le soufflé au chômage

Non il s’agit d’un tout autre phénomène lié à la recherche d’emploi :  le soufflé au chômage.

Le soufflé c’est l’enthousiasme grandissant, que le chercheur d’emploi, je préfère le nommer : fournisseur de compétences, va rencontrer à 4 occasions bien distinctes.

  • 1) Au quotidien en relevant sa boîte mail, lorsqu’un mail commençant par :

« pour faire suite à votre candidature…, votre dossier a été longuement étudié… »

A ce moment-là, le soufflé gonfle, gonfle, gonfle jusqu’au passage suivant devenu célèbre dans le monde du chômage : « néanmoins malgré tout l’intérêt de votre parcours professionnel et les compétences liées à votre expérience, nous ne pouvons donner une suite favorable à votre dossier »
Là c’est comme une brutale ouverture de la porte du four, le soufflé se dégonfle soudainement pour finir à plat tout au fond du plat.

  • 2) L’offre d’emploi avec un taux de 100% de Matching : c’est l’euphorie, notre fournisseur de compétences au chômage, a relevé, parmi toutes ses alertes qui tombent plusieurs fois par jour depuis Indeed, Monster, Cadreo et j’en passe, L’OFFRE celle à laquelle il correspond point par point : diplômes, expérience, personnalité, connaissance du secteur d’activité…

C’est la méga fête dans sa tête et dans le bureau, les phrases de sa lettre de motivation se bousculent dans sa tête, il est bien, il y croît, il est au taquet et se met à sa table de travail pour rédiger LA lettre de motivation qui prouvera au recruteur sa pleine compatibilité avec le poste à pourvoir. Car là c’est bon c’est le bon job, c’est sûr il ne peut en être autrement tant l’offre lui colle à la peau et au CV.

Au bout de plusieurs heures d’un travail acharné, il envoie son dossier CV+Lettre de Motivation à l’adresse humainenligne@jobdereve.com et il passe à autre chose car il a bien mérité une petite pause. Et puis c’est du tout cuit, c’est cool 😊

Une demi-heure plus tard, voire plusieurs heures, dans certains des cas, notre fournisseur de compétences au chômage reçoit un mail de noreplyonestpasdeshumains@jobdereve.com lui annonçant que son dossier est bien arrivé (ouf !), que ce dernier va faire l’objet d’une étude très poussée (on imagine déjà les éprouvettes et autres bancs d’essai pour tester la résistance du CV après avoir répondu à plus de 200 offres), et se termine par la phrase qui crame tout soufflé « si d’ici 4 semaines vous êtes sans nouvelles de nos services, considérez que votre candidature n’a pas été retenue ».

Notre fournisseur de compétences au chômage est soudainement à plat, au fond du plat, tout son enthousiasme est retombé et avec la fonction « no reply » qui ne lui permettra jamais d’en savoir plus, ni de suivre ou de relancer. Il lui reste à cocher les jours tel un prisonnier de « Fort Chômage » jusqu’à l’issue du délai de 4 semaines, une sorte de calendrier de l’AVENT en fait.

 

  • 3) Atelier culinaire suivant : la recette de base : faites votre fond de tarte habituel (offre+CV+Lettre de Motivation), ajoutez 1 entretien téléphonique, suivi d’un entretien physique de plusieurs heures, et une couche d’entretien avec un DRH ou tout autre membre du CoDir, saupoudrez le tout d’un « c’est bon, on vous rappelle sous 8 jours pour vous confirmer la date de prise de fonction et régler les papiers » enfournez à four très chaud (le fournisseur de compétences au chômage est chaud bouillant aussi) et patientez. Constatez amèrement qu’au fil des heures votre soufflé noirci, se racorni et devient immangeable au point de vous donner la nausée.
    Cette brutale remontée acide c’est ce que ressent notre fournisseur de compétences au chômage, il est écœuré, dégouté et à plat. Personne ne l’a jamais rappelé, et si l’occasion se présente de pouvoir relancer il va s’entendre dire qu’une autre personne a été recruté. C’est un abîme qui s’ouvre sous ses pieds

 

  • 4) Et puis il y la recette plus classique, mais ne dit-on pas que les recettes de nos grands-mères sont les meilleures ? Celle de la réponse à une offre, puis 2, puis 3 bref des réponses à des offres en veux-tu en voilà, sans jamais au grand jamais, n’avoir de réponse ou d’entretien. Rien. Notre fournisseur de compétences au chômage répète la recette sans fin, mais sans plaisir et sans y croire non plus car chaque fois le soufflé ne monte pas, c’est d’un plat aussi plat que de mortes plaines.

Alors me direz-vous, en dehors d’une liste de faits et de situations, quel est le but de cet article Nancy ?

  1. Ecrire tout haut ce qui se passe ici-bas
  2. Permettre à celles et ceux qui rencontrent ces situations d’avoir le sentiment de ne plus être seul(e)
  3. Non vous n’êtes pas nul(le) 
  4. De vous dire de ne pas vous essouffler qu’il y a forcément un poste quelque part pour vous.
  5. Qu’il faut utiliser tous les ingrédients de la recette : les candidatures à offres, les candidatures spontanées, le réseau humain et les réseaux sociaux. Que la recette aujourd’hui ne prend qu’avec ces 4 ingrédients, qu’il ne faut en négliger aucun mais ne pas en privilégier un non plus. Serrer des mains toute la journée ne donnera pas plus de travail, pas plus de que « suivre » tous les DRH de France en likant chacune de leurs publications, encore moins de déverser votre rage sur les réseaux sociaux, votre sentiment d’injustice, votre dégoût, tout le monde le sait mais personne ne veut le voir, un peu comme la poussière cachée sous le tapis.

Tout le monde connaît ou connaîtra le soufflé au chômage, il n’y pas de recette miracle, on commence pourtant à rencontrer des recettes qui se transmettent de génération en génération car le chômage est un ingrédient qui perdure.

Mais vous n’avez pas à avoir honte chaque fois que cette recette ne fonctionne pas.

Tout le monde connaît la difficulté de réussir un soufflé au chômage, mélange de légèreté avec du corps.

Quand vous êtes dans une des phases « soufflé à plat » et bien acceptez la et ne vous y arrêtez pas plus que ça. Sortez prenez un thé avec une connaissance, une amie. Osez dire que vous en avez assez, déposez votre ressenti auprès d’un proche en lui disant que vous n’attendez pas de conseil ou autre en retour, juste de l’écoute.

Et remettez votre tablier, recommencez la recette et vous finirez par y arriver 😉

Le soufflé au chômage
Le soufflé au chômage

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